L'air d'étanchéité est la différence entre un registre et un isolement. Son débit est pourtant souvent déduit d'une règle empirique venue d'un autre contexte.
D'où viennent les 0,5 %
La règle répandue veut que le débit d'air d'étanchéité représente 0,5 % du débit nominal du conduit. Elle vient du dimensionnement des étanchéités d'arbre et vaut pour des gaz propres et secs à pression différentielle modérée. Pour un registre à double lame sur fumées, elle est trop grossière : elle ne tient compte ni de la géométrie de l'intervalle ni de la pression dans la cavité.
Ce qui compte réellement
Ce n'est pas le débit mais la pression dans la cavité entre les rangées de lames. Elle doit dépasser la pression des fumées au point le plus défavorable — et ce point n'est pas la bride du registre, mais le milieu de la cavité sur toute la largeur. Sur un registre de six mètres de large, la perte de charge dans la cavité elle-même devient une part significative.
Conclusion : l'air d'étanchéité se conçoit en pression, pas en débit. Le débit découle des surfaces de fuite que cette pression doit vaincre.
Le réchauffage fait partie du calcul
L'air doit être au-dessus du point de rosée acide. De l'air froid refroidit les lames et crée exactement le condensat qu'il devait éviter. Un réchauffeur avec surveillance de température et un collecteur calorifugé font donc partie de l'installation, pas des options.
La mesure qui compte
Lors de la preuve avant permis, la pression différentielle est mesurée au registre, pas au ventilateur. Le ventilateur peut fournir 3 kPa alors que 800 Pa arrivent au registre — et 800 Pa ne suffisent pas si le conduit est en dépression de 1,5 kPa. Inscrire cette valeur au procès-verbal est la seule preuve opposable.